Accueil A propos de l'ACFA Evénements

Colloque international
"Doit-on désirer ou craindre l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne?"
Le colloque international "Doit-on désirer ou craindre l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne?" se déroulera le jeudi 12 mars et le vendredi 13 mars 2009 dans la salle de conférence du bâtiment B de l'Université Paris Ouest.
La Présidente de l'Université ouvrira le colloque et de nombreux professeurs ainsi que de nombreuses personnalités venant de Turquie et de Bruxelles interviendront tout au long de ces deux journées.
Téléchargez le programme
Présentation des principaux évènements marquant l'évolution des relations entre la Turquie et l'Union européenne:
L’Accord d’association de 1963 avec la CEE a reconnu à la Turquie (membre du Conseil de l’Europe depuis 1949) une vocation à participer un jour aux communautés européennes auxquelles elle manifestera son désir d’adhésion un an après la mise en œuvre de la CEE (1959). Ce processus a été longtemps interrompu (coup d’Etat de 1971, crise chypriote, crise économique, coup d’Etat militaire de 1980) avant d’être relancé en 1987 et poursuivi par le traité d’Union douanière (1996). La Turquie dispose aujourd’hui du statut de candidat à l’adhésion à l’UE depuis le sommet de Helsinki (1999), après en avoir été écartée en 1997, à la différence des pays d’Europe centrale. Commencées en 2002, les négociations sont aujourd’hui partiellement gelées, en raison des problèmes posés par l’application de l’Union douanière avec Chypre, après l’adhésion de Chypre à l’UE qui a suivi le vote négatif de la partie grecque au référendum sur l’unification proposée par l’ONU.
Malgré ses réaffirmations successives, la vocation européenne de la Turquie fait problème dans l’opinion, en France et dans d’autres pays. Ses adversaires invoquent les limites géographiques de l’Europe à l’encontre d’un pays plus largement étendu en Asie, ce qui correspondrait aussi à des critères historiques, culturels et religieux (Islam). Certains craignent la trop grande proximité de la Turquie avec des régions trop instables ou dangereuses (Transcaucasie, Proche Orient iranien et arabe). Certains soulèvent des problèmes politico-juridiques qu’ils estiment insurmontables : le poids de l’armée et de l’ « Etat profond » dans la vie politique, des restrictions aux libertés religieuses (malgré la laïcité proclamée) et d’expression, le problème kurde, la présence militaire turque dans le nord de Chypre, le négationnisme concernant le génocide arménien de 1915, les flux migratoires et l’impact institutionnel d’une croissance démographique non maîtrisée, la concurrence en matière agricole, les crimes d’honneur, l’importance de l’ « économie grise » en Turquie…
La Turquie se situe pourtant dans l’espace de l’Empire romain d’Orient ; c'est-à-dire l’Empire romain maintenu. L’Empire ottoman a conquis les Balkans avant l’Anatolie centrale et orientale et avant le monde arabe. Considéré comme « l’homme malade de l’Occident », il a participé aux grandes conférences du « concert des Nations » concernant l’Europe.
La position géopolitique de la Turquie offrirait aujourd’hui davantage de poids à l’Europe dans les régions de la Mer Noire (Crimée, Transnistrie), du Caucase et de la Transcaucasie (Géorgie, Abkhazie, Ossétie, Haut Karabakh, Azerbaïdjan, Arménie, gaz et pipelines…) sans représenter pour autant une provocation pour la Russie. Elle permettrait également d'exercer une influence accrue en direction de l’Iran et des pays arabes, alors même que la Turquie est liée d’amitié avec Israël qu’elle a reconnu dès 1947. Sa croissance démographique doit être relativisée (le taux de fécondité des femmes diminue très rapidement avec le développement et l’urbanisation).
Les adversaires de l’adhésion préconisent un « partenariat privilégié ». Lequel, puisqu’il existe déjà (Union Douanière) ? La Turquie ne veut pas être cantonnée dans la seule Union pour la Méditerranée. Sa crédibilité serait plus forte si elle appartenait bientôt à l’UE.

Colloque international

"Doit-on désirer ou craindre l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne?"



Le colloque international "Doit-on désirer ou craindre l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne?" se déroulera le jeudi 12 mars et le vendredi 13 mars 2009 dans la salle de conférence du bâtiment B de l'Université Paris Ouest.


La Présidente de l'Université ouvrira le colloque et de nombreux professeurs ainsi que de nombreuses personnalités venant de Turquie et de Bruxelles interviendront tout au long de ces deux journées.


Téléchargez le programme


Présentation des principaux évènements marquant l'évolution des relations entre la Turquie et l'Union européenne:


L’Accord d’association de 1963 avec la CEE a reconnu à la Turquie (membre du Conseil de l’Europe depuis 1949) une vocation à participer un jour aux communautés européennes auxquelles elle manifestera son désir d’adhésion un an après la mise en œuvre de la CEE (1959). Ce processus a été longtemps interrompu (coup d’Etat de 1971, crise chypriote, crise économique, coup d’Etat militaire de 1980) avant d’être relancé en 1987 et poursuivi par le traité d’Union douanière (1996). La Turquie dispose aujourd’hui du statut de candidat à l’adhésion à l’UE depuis le sommet de Helsinki (1999), après en avoir été écartée en 1997, à la différence des pays d’Europe centrale. Commencées en 2002, les négociations sont aujourd’hui partiellement gelées, en raison des problèmes posés par l’application de l’Union douanière avec Chypre, après l’adhésion de Chypre à l’UE qui a suivi le vote négatif de la partie grecque au référendum sur l’unification proposée par l’ONU.

Malgré ses réaffirmations successives, la vocation européenne de la Turquie fait problème dans l’opinion, en France et dans d’autres pays. Ses adversaires invoquent les limites géographiques de l’Europe à l’encontre d’un pays plus largement étendu en Asie, ce qui correspondrait aussi à des critères historiques, culturels et religieux (Islam). Certains craignent la trop grande proximité de la Turquie avec des régions trop instables ou dangereuses (Transcaucasie, Proche Orient iranien et arabe). Certains soulèvent des problèmes politico-juridiques qu’ils estiment insurmontables : le poids de l’armée et de l’ « Etat profond » dans la vie politique, des restrictions aux libertés religieuses (malgré la laïcité proclamée) et d’expression, le problème kurde, la présence militaire turque dans le nord de Chypre, le négationnisme concernant le génocide arménien de 1915, les flux migratoires et l’impact institutionnel d’une croissance démographique non maîtrisée, la concurrence en matière agricole, les crimes d’honneur, l’importance de l’ « économie grise » en Turquie…

La Turquie se situe pourtant dans l’espace de l’Empire romain d’Orient ; c'est-à-dire l’Empire romain maintenu. L’Empire ottoman a conquis les Balkans avant l’Anatolie centrale et orientale et avant le monde arabe. Considéré comme « l’homme malade de l’Occident », il a participé aux grandes conférences du « concert des Nations » concernant l’Europe.

La position géopolitique de la Turquie offrirait aujourd’hui davantage de poids à l’Europe dans les régions de la Mer Noire (Crimée, Transnistrie), du Caucase et de la Transcaucasie (Géorgie, Abkhazie, Ossétie, Haut Karabakh, Azerbaïdjan, Arménie, gaz et pipelines…) sans représenter pour autant une provocation pour la Russie. Elle permettrait également d'exercer une influence accrue en direction de l’Iran et des pays arabes, alors même que la Turquie est liée d’amitié avec Israël qu’elle a reconnu dès 1947. Sa croissance démographique doit être relativisée (le taux de fécondité des femmes diminue très rapidement avec le développement et l’urbanisation).

Les adversaires de l’adhésion préconisent un « partenariat privilégié ». Lequel, puisqu’il existe déjà (Union Douanière) ? La Turquie ne veut pas être cantonnée dans la seule Union pour la Méditerranée. Sa crédibilité serait plus forte si elle appartenait bientôt à l’UE.